Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) est-il en train de perdre progressivement ses membres ? La question mérite d’être posée à la suite des développements observés après sa 14ᵉ séance.

En effet, la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), dirigée par le Professeur Messan Léopold Gnininvi, a annoncé la suspension de sa participation aux travaux du cadre de concertation.

À l’issue de la rencontre, le représentant de la CDPA, Pascal Adokpo, a exprimé le profond mécontentement de son parti face à l’orientation prise par les discussions.

« La CDPA a le sentiment que les gens sont venus pour faire des réformettes et non des réformes. À partir de ce moment, nous considérons que notre présence ici est sans objet. Nous suspendons notre participation au CPDC. Si une meilleure volonté se manifeste, nous apprécierons », a-t-il déclaré.

Cette décision traduit la conviction de la CDPA que le dialogue engagé ne permet pas d’aboutir aux réformes politiques substantielles attendues par les populations togolaises.

Des critiques également du côté de l’OBUTS

De son côté, Nicolas Lawson, président de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), a lui aussi exprimé ses réserves concernant l’évolution des travaux.

Tout en restant dans le cadre des discussions, il a mis en garde le pouvoir contre toute tentative de remettre en cause la volonté exprimée par la majorité des délégués du CPDC. Il a notamment averti que son parti pourrait appeler les citoyens à défendre les acquis obtenus si les conclusions du dialogue venaient à être remises en cause par la majorité parlementaire.

Un cadre de dialogue de plus en plus fragilisé

Les critiques récurrentes adressées au régime du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) alimentent ainsi les inquiétudes sur la crédibilité et l’efficacité du processus de concertation.

Pour de nombreux observateurs, la décision de certains partis politiques de ne pas participer aux discussions dès leur lancement apparaît aujourd’hui davantage compréhensible.

L’absence du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), celle de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), le retrait de l’OBUTS, ainsi que la suspension de la participation de la CDPA contribuent progressivement à vider le CPDC d’une partie importante de ses acteurs politiques.

Cette situation soulève une interrogation légitime :

Après la CDPA, à qui le tour ?

Un appel à la responsabilité

Face à cette dynamique préoccupante, plusieurs voix estiment que le Chef de l’État, Faure Gnassingbé, doit prendre les mesures nécessaires pour restaurer la confiance entre les différentes parties prenantes.

Le maintien d’un dialogue inclusif et crédible apparaît comme une condition essentielle pour éviter que le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation ne se retrouve totalement déserté par ses membres.

À l’époque, la journée fériée du 13 janvier pouvait constituer une occasion de réflexion afin de préserver l’esprit du dialogue et de favoriser l’émergence d’un consensus national autour des réformes attendues.